Pesticides v/s alimentation bio : savoir de quoi on parle !

Publié le par christian barral

Les pesticides sont des produits toxiques conçus pour tuer les espèces susceptibles de diminuer les rendements agricoles (insectes, champignons, nématodes, rongeurs, mauvaises herbes). Ils ciblent des processus vitaux et peuvent, même à faible dose, représenter un danger pour toutes les formes vivantes, y compris l'homme. Comme ils ne sont pas biodégradables, ils s'accumulent dans les tissus jusqu'à atteindre, en bout de chaîne alimentaire, des concentrations importantes. Les effets délétères de cette bioaccumulation de pesticides sur les populations de poissons et d'oiseaux sauvages ont été largement démontrés. Chez l'homme, on soupçonne de plus en plus les pesticides d'être à l'origine de cancers, de perturber le développement de l'enfant, de dérégler le système immunitaire, nerveux, endocrinien et reproducteur. Même s'il est extrêmement complexe de prouver l'implication réelle des pesticides dans ces affections, de nombreuses études menées depuis les années 80 ont montré qu'on les retrouve dans l'organisme humain et qu'ils passent la barrière placentaire. 
Il existe désormais un consensus pour limiter l'usage des pesticides et définir avec précision les risques qu'ils représentent et leurs teneurs acceptables dans les aliments. Sur ce point, toutes les études se rejoignent : même s'ils ne sont pas à l'abri des contaminations extérieures (pollution des nappes phréatiques ou des sols, particules en suspension dans l'air) les aliments bio sont pratiquement exempts de résidus de pesticides, au contraire des conventionnels. Ceci dit, ces derniers répondent à des normes strictes en la matière et leur teneur en pesticides est a priori infime et sans réel danger selon les experts. 
Mais, d'après le professeur Belpomme, fondateur de l'Association pour la recherche thérapeutique anticancéreux (ARTAC), « les limites réglementaires en matière de résidus de pesticides ne protègent pas les gens contre les maladies. Ce n'est pas la dose qui fait le poison, mais la répétition d'une dose, même infiniment petite, tout au long d'une vie ». En France, 50 % des fruits et légumes conventionnels contiennent des résidus de pesticides et 6,5 % dépassent la limite maximale autorisée. Pour certaines catégories de produit, ce pourcentage peut atteindre les 20 % ! D'autres part, 24 % des aliments analysés peuvent contenir jusqu'à 8 pesticides différents. Or nous n'avons absolument aucune idée des effets qui pourraient résulter des synergies entre plusieurs pesticides. Manger des aliments conventionnels nous expose donc relativement aux pesticides.
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Les enfants en développement sont en première ligne. Déjà en 1993, le National Research Council américain annonçait que les résidus de pesticides présents dans les aliments étaient une source potentielle majeure d’exposition à des substances toxiques pour les nourrissons et les jeunes enfants. Les bambins de 2 à 4 ans sont considérés comme le groupe le plus à risque car ils mangent beaucoup par rapport à leur masse corporelle, et principalement des fruits et légumes. Une enquête américaine, portant sur 20 millions d’enfants de moins de 5 ans, révélait qu’ils ingèrent, en moyenne, huit pesticides différents par jour, ce qui correspond à plus de 2 900 expositions (uniquement alimentaires) par an et par enfant. Une étude de 2002 mettait en évidence, dans ce groupe d'âge, que les enfants nourris d'aliments biologiques, avaient 6 fois moins de résidus de pesticides organophosphorés dans le sang que leurs petits camarades qui mangent des produits issus de l'agriculture industrielle. Des chercheurs américains ont aussi démontré récemment que si l'on retrouvait bien des résidus de ces pesticides dans les urines d'enfants de 3 à 11 ans consommant des aliments conventionnels, il n'en allait pas de même quand ils sont soumis à un régime bio.

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Publié dans La feuille de bambou

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