L'eau : l'O.M.S. se mouille !

Publié le par President association cravenco

« Une eau plus sûre pour une meilleure santé. » Dans un rapport rendu public ce matin, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) chiffre clairement le coût et l’impact sanitaire de l’incurie de la plupart des gouvernements dans leur gestion de l’eau. Dans un monde où l’eau, source de vie, fait chaque année 3,4 millions de victimes, c’est un grand pas. Car pour la première fois cette information est ainsi donnée, pays par pays.

L’eau provoque 6% des décès dans le monde toutes causes confondues. Des décès 100% évitables et totalement scandaleux, dans la mesure où la « Décennie internationale de l’eau », lancée en 1981 par les Nations-Unies, nous promettait « l’assainissement pour tous d’ici l’an 2000… »

Le problème donc, n’est pas neuf. Il n’est pas davantage cantonné aux pays déshérités. En… janvier 2002 le Conseiller régional pour l’Environnement au Bureau de l’OMS pour l’Europe, Xavier Bonnefoy, dénonçait « le manque d’entretien des infrastructures existantes (d’assainissement de l’eau) dans les pays de l’ancienne Europe de l’Est ». Résultat, « entre 150 et 200 millions d’Européens n’ont pas l’eau potable », confiait-il alors à Destination Santé. Xavier était pour certains d’entre nous un collègue et surtout un ami. Il était certainement aussi, l’un des experts les plus reconnus dans ce domaine et dans celui de l’hygiène du milieu : logements et lieux de travail. Il nous a quittés soudainement le 18 novembre 2007.

Le rapport de l’OMS apporte des réponses à nombre de questions qu’il a martelées pendant des lustres. Il est rendu public la veille du colloque « Habitat et Santé, le rôle de l’OMS », organisé au Ministère de la Santé à Paris par le Chartered Institute of Environmental Health, précisément pour rendre honneur au travail de Xavier Bonnefoy. Si la coïncidence est involontaire, elle n’en constitue pas moins une reconnaissance supplémentaire.

Les politiques et les responsables, qui depuis des décennies n’ont pas entendu les hommes de terrain, n’auront plus aucune excuse demain pour ne pas inscrire les questions d’hygiène publique au pinacle des priorités de santé. La mauvaise gestion de l’eau ne tue pas « seulement ». Elle coûte cher aussi, par les maladies et la perte de productivité qu’elle entraîne... Et cela peut rapporter d’y remédier, assure ce rapport. Peut-être ce langage-là sera-t-il mieux entendu ?

 

Publié dans La feuille de bambou

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article