intro à l'oustau

Publié le par Anne-laure

Intro à l'oustau                                                   


Intro à l'oustau ; fai fre deforo. Auren de fio
Pèr faire reflouri lou bos encaro un cop,
E béuren un vin vièi coume nosto jouinesso
(quand la vido èro longo e la taulo èro messo).
Se vos, escartaren, i vitro, li ridèu
Sus lis estello frejo e lis arbre fidèu.
E belèu me diras lou secrèt de ta vido ;
Pièi dourmiras.
- Ami, lou deforo me crido, 
E me fau enana, dins la nieu de l'ivèr.
Devino moun secrèt, se vos. I'a de blad verd
Que pouchejo adeja dins la terro et qu'à l'aubo
Es blanc de gèu. Demié li piboulo et lis aubo,
que soun plus que de branco nuso, li paran
Soun reclaus sus li grano e parèisson plus grand.
Deman, dins lou matin, sarai mort o pèr orto,
Te souviendras de iéu en durbissènt ta porto.
Pièi li jour passaran. T'énanaras tambèn.
Es à la fin de tout que li causo van bèn.

Sully-André PEYRE  né au cailar (gard) en 1890 mort à Aigues-vives (gard) en 1961.

la traduction que je propose :

Entre à la maison , il fait froid dehors. Nous aurons du feu
pour faire refleurir le bois encore une fois,
et nous boirons un vin vieux comme notre jeunesse
(quand la vie était longue et la table était mise).
si tu veux nous écarterons les rideaux des vitres
sur les étoiles gelées et les arbres fidèles.
Et peut-être tu me diras le secret de ta vie ;
Puis tu dormiras.
-Ami le dehors m'appelle, 
Et il me faut m'en aller dans la nuit de l'hiver,
Devine mon secret si tu veux, il y a des blés verts
qui poussent déjà dans les terres et qui à l'aube
sont blancs de gel. Entre les peupliers et les
peupliers noirs qui ne sont plus que des branches nues
les enclos sont binés sur les graines et paraissent plus grands.
Demain dans le matin je serais mort ou sur les chemins
tu te souviendras de moi en ouvrant ta porte.
Puis les jours passeront. Tu partiras peut-être.
C'est à la fin de tout que les choses vont bien.

 

 

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