Credo

Publié le par President association cravenco

jacques70.jpg

Je crois en l'homme, cette ordure.
Je crois en l'homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l'homme, ce tordu,
Cette vessie de vanité,
Je crois en l'homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume-au-vent,
Ce boute-feu, ce fouille-merde.
Je crois en l'homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu'il a pu faire
De mortel et d'irréparable.
Je crois en lui.
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l'étoile.
Je crois en lui.

                                              Lucien JACQUES
                                                    (Tombeau d'un berger- 1953 )

Lucien Jacques (1891-1961) est né en Lorraine, à Varennes. Durant sa jeunesse, à Paris, il s'adonne à la peinture, la gravure et l'écriture. Il y créé " Les cahiers de l'artisan". En 1921, il part s'installer dans le Sud-est. Il collabore à la revue marseillaise La criée et dans ce cadre, il découvre les poèmes de Jean Giono, alors jeune employé de banque, dont il fera publier un roman chez Grasset, Colline. C'est le début d'une longue amitié avec l'écrivain manosquain. Pacifiste, passioné par les arts, Lucien Jacques a su insufler dans sa poésie sa foi en l'homme. Il meurt à l'hôpital de Nice, victime d'un cancer, en 1961.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article